C'est une histoire, une de plus parce que chaque vie est une histoire, souvent une longue histoire. Une histoire d'amour. Encore. Ils sont deux. Elle, elle a la peau très blanche, une petite bouche qui fait toujours la moue, et de très grands yeux très noirs et brillants, parce qu'elle a toujours sommeil. Lui, il est plus âgé, il a de belles dents blanches qu'il dévoile souvent avec ses sourires qui la font fondre, elle. Ils s'aiment, du moins c'est ce qu'ils pensent, pauvres innocents, et ils se détruiront, ou du moins il la détruira, parce que c'est comme ça. Il la détruira parce qu'elle est fragile, avec sa peau de porcelaine, parce qu'elle n'est pas faite pour la vraie vie, elle. Le sort est cruel, avec l'innocence. Lui, il connait la vie, il a grandi, il a appris, seul. Elle, elle rentre souvent par la sortie, elle ne marche pas droit. Elle cherche toujours le mode d'emploi, de la vie. Et puis. Elle attrape sa main, à lui, et elle ne la lâchera pas, du moins pas encore. Il est entré dans sa vie, à elle, dans son coeur, et si jamais il disparaissait du premier, il ne partira pas du dernier. Il est entré sans frapper, et il lui semble qu'elle le connait depuis toujours. Les jours sont longs, fatigués, par les ivresses nocturnes, ils tournent en rond. Elle a peut-être renoncé à l'aimer, après tout, l'étoile qui vous tombe dans les bras n'a jamais l'éclat de l'étoile la plus éloignée, la plus brillante, la plus difficile d'accès. C'est une histoire de compromis, une histoire d'amour, c'est un immense mensonge que les acteurs jouent jusqu'à ce que. Un jour, l'un des coeurs tombera et se brisera, c'est comme ça. Un jour, main dans la main, ou pas, elle et lui tomberont, comme des dominos. C'est la vie, il faut toujours une chute*




