Je me cache. J'ai des secrets. Un peu trop ? Folle, atteinte de folie. Paranoïaque. Et fragile, très fragile. Trop, juste un peu trop. Je n'y arrive pas, je n'y arrive pas. A quoi ? Mais à tout. Je baisse les bras. J'arrête ! Prends moi la main plutôt que la tête ! Non, non, je retire ce que j'ai dit. On oublie. Allez, c'est fini va. C'est terminé. Allez c'est bon, il faut que je tourne la page, je le dois. Oublie-le, oublie-le, tu vois bien qu'il est con. C'est un con fini. J'me comprends pas. Mais est ce que je me suis seulement comprise un jour ? Je baisse les yeux. De toute façon j'y vois flou. Je ne veux voir personne. Je ne peux voir personne. Vous voyez, ça me prend au ventre, j'ai peur. C'est l'appréhension, le stress. De vivre, de rencontrer des gens. De déplaire. Je suis pas faite pour la vie, l'amour, le monde, les gens. J'suis asociable. J'suis une pauvre petite bête sauvage qui vire tarée à force de réfléchir. Je me suis perdue à force de me chercher. Et si vous saviez comme j'ai la flemme. J'ai la flemme de vivre. Je reste là, je fais rien. J'attends. J'ai l'impression que j'attends quelque chose. J'attends quoi ? Mais la vie c'est pas ça. La vie je la vois autour de moi. La vie c'est l'injustice même. Je la déteste la vie. Y en a qui vivent, qui me content la vie, qui me disent ce que c'est l'amour. Je m'entends : le vrai. Et pas celui où on vous prend pour une conne. J'suis vraiment mal tombée. Je suis en pause mais en mode lecture quand même. Le temps passe et je fais du surplace. J'suis pas bien plus avancée qu'il y a un an. Pas beaucoup plus. Bon allez j'avoue allez ! J'ai fait un pas, un grand. Mais pas suffisant. J'suis là sans vraiment l'être. Je me dis toujours tu pourrais faire ci, tu pourrais lui parler à lui, à elle, à elle, à eux... Tu pourrais aller vers les gens, te rendre compte que c'est peut être des cons mais au moins t'aurais fait quelque chose. Tu pourrais bosser, bosser comme une tarée. Au moins que tu serves à quelque chose : au moins que tu sois la meilleure quelque part. Mais non, tu fous rien, enfin si tu travailles à la dernière seconde, à minuit moins vingt t'es là comme une conne à te ronger les ongles jusqu'au sang parce qu'il te reste trois chapitres de géo et que t'en as rien mais alors rien à secouer de cette putain de géo mais tu peux pas y aller le lendemain puis te retrouver seule face à ta copie blanche. Tu peux pas, t'as trop d'orgueuil, t'as trop de... il me manque les mots. En tous cas, tu veux réussir, tu veux que ta vie elle soit impeccable. Du fric, un mec qui t'aime, une super maison et tout et tout. Tu veux décrocher la Lune, tu veux être astronaute, hein ouais pour te barrer loin de là. Putain tu voudrais oublier tout. Tu voudrais faire un doigt d'honneur à tous ces cons qui n'auront pas su lire en toi. Et si seulement ils te connaissaient et si seulement tu faisais quelque chose. De toute façon, l'insatisfaction est chronique. Je baisse les armes. Je renonce. J'suis pas faite pour l'amour. J'suis fatiguée. J'veux pas me battre pour un combat perdu d'avance, c'est trop dur. J'en ai trop bavé, j'en veux plus. Et je ris maintenant, si si je ris de leur bêtise, de leur connerie. De leur hypocrisie envers eux mêmes, envers lui même. Tu l'aimes ? Ahah ouais c'est ça, mais fais moi rire, tu vois t'en aimes une comme tu changes de pantalon. Bon OK c'est pas tous les jours, ni toutes les semaines mais c'est tous les mois ! Et si on se foutait de tout ? Et si la pluie ou le soleil n'avait pas d'importance ? Si je faisais des folies ? Et si j'parlais à n'importe qui pour dire n'importe quoi ? Et si aucun regard ne pouvait m'atteindre ? Si les paroles coulaient comme de l'eau sans que cela puisse me faire quoi que ce soit ? Ni chaud ni froid. Et si on faisait tourner le monde ? Et si on se disait tous la vérité pour une fois ? Ne mentez pas : vous mentez.